A la croisée de l'histoire

A la croisée de l'histoire de l'Europe se trouve Malte. Malte occupe une position stratégique de premier plan en Méditerranée. Tantôt carrefour des migrations européennes, tantôt citadelle imprenable, bastion protecteur, l'île a toujours occupée une place à part, mais oh combien importante.
Si l'on vous disait que Malte et ses îles recèlent les plus importants et anciens temples mégalithiques d'Europe, le croiriez-vous. Et pourtant, il suffit de se promener dans les ruines des temples de Mnajdra pour s'en convaincre aisément. Sur ces îles, les premiers peuples sont arrivés, avant de s'étendre lentement à travers toute l'Europe. Malte était en quelque sorte la tête de pont pour envahir le vieux continent.

L'histoire de l'île est mouvementée. Passée sous domination phénicienne (les phéniciens nommèrent la plus grande île M-L-T, Malet qui signifie "abris" et la plus petite G-L, Gol du nom du flanc d'un navire marchand) puis romaine, elle doit véritablement ses premières richesses artistiques aux arabes. Il faut se souvenir ici que Malte est seulement distante de 290 kilomètres des côtes africaines.

De cette période arabe, l'île a conservé une langue particulière, le maltais, ou se retrouve un grand nombre de mots aux racines arabes. En fait, cette langue est d'origine phénicienne mais son vocabulaire s'est enrichi de toutes les cultures que son histoire a croisé.

La parenthèse durera 300 ans, suivit par une période Normande (le conte Roger Le Normand, fils d'un "condottiere" normand qui s'était constitué un royaume dans le sud de la péninsule italienne, conquit Malte en 1090).

D'occupations Normandes en actes de pirateries, des villes-états de Pise, Gênes et Venise aux raids Maures, Malte va devoir vivre et survivre durant de longs siècles, sous la menace perpétuelle d'attaques-surprises et de corsaires.